Dimanche 12 juillet 7 12 /07 /Juil 22:41

Bonjour, 

Je m'appelle Claire. Claire Grenadine. C'est rigolo comme nom, vous ne trouvez pas ? 

Je suis étudiante au Severity College. Le Severity College est un établissement qui dispense des cours de rattrapage aux étudiantes en difficulté dans leurs études universitaires.

J'en ai bien besoin car à 19 ans, je suis engagée dans des études de droit dont je ne vois pas le bout. A vrai dire, j'aurais aimé avoir fini avant même d'avoir commencé. Le droit, ça fait sérieux mais c'est difficile de trouver plus rasoir. Je n'ai pas eu mon mot à dire. Ce sont mes parents qui ont choisi pour moi. Il te faut quelque chose de solide entre les mains. Nous savons ce qui est bon pour ton avenir. Le droit mène à tout. Plus tard, tu nous remercieras. 

Moi, la seule chose qui me branche, c'est la musique et les fringues. Mon rêve serait de pouvoir un jour devenir styliste et ouvrir une maison de couture à mon nom.

En attendant, je suis encore loin du compte. Le Severity College est administré d'une main de fer par sa Directrice, Maîtresse Cindy, qui y fait régner une discipline très stricte. C'est peu de dire qu'elle est autoritaire. J'ai l'impression d'être surveillée en permanence. Il faudrait que je me tienne à carreaux mais il n'en est pas question, j'ai horreur d'obéir. Alors les punitions tombent régulièrement. J'en ai pris mon parti. 

Heureusement, pour m'évader un peu, je me réfugie dans l'écriture, je rédige un journal. Je l'ai appelé « Les petits secrets de Claire Grenadine ». Le titre me plaît beaucoup. Il sonne comme une friandise. Comme un sachet de rouleaux de réglisse ou de fraises Tagada. 

Je me suis dit qu'il pourrait peut-être vous intéresser. Mais comme je ne voudrais pas vous lasser, j'ai pris le parti d'en sélectionner quelques extraits à votre intention. Ceux qui mettent en valeur les événements marquants de ma vie d'étudiante et les relations tourmentées que j'entretiens avec Cindy, ma maîtresse. 

Ma maîtresse dans plusieurs sens du mot. Cindy est à la fois mon professeur et ma dominatrice.

Mais là, je préfère vous arrêter tout de suite, ce n'est pas du tout ce que vous croyez. Vous pouvez oublier tous les clichés habituels sur le SM, les croix de Saint-André, les chaînes, les cagoules, les candélabres... 

Ce que je vis dans la réalité est très différent et nettement plus original. Pour moi, Maîtresse Cindy est beaucoup plus qu'une maîtresse. C'est une partenaire de jeu pleine d'imagination, de sensibilité, de poésie et d'humour. Vous ne pouvez pas vous imaginer les choses incroyables qu'elle me fait faire... 

Non, non, vous ne pouvez pas ! 
clairegrenadine@hotmail.fr

Par Claire Grenadine - Publié dans : Soumission
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Mercredi 15 juillet 3 15 /07 /Juil 21:19

 DE LA FESSEE, GENERALITES
 

Article 1

La fessée est un châtiment administré par une maîtresse femme, ci-après nommée « la fesseuse », à une élève, ci-après nommée « la chipie ».

Article 2

La chipie mérite la fessée qui lui est appliquée.

  • La fesseuse a constaté les nombreux manquements de la chipie aux bonnes manières, exigeant la fessée comme châtiment.
  • Même si la fesseuse n’a eu connaissance d’aucune mauvaise action de la part de la chipie, elle la fessera quand même copieusement. Sous l’effet salvateur de la correction, la chipie soulagera spontanément sa conscience et avouera toutes les turpitudes qu’elle aura tenues cachées jusque-là.

Article 3

La liste des fautes méritant fessée ne saurait être limitative. La fesseuse pourra à tout moment et au gré des besoins y ajouter de nouveaux motifs. Nécessité fait toujours loi.

Article 4

La chipie est en permanence sujette aux écarts de conduite. C’est dans sa nature profonde. Seule l’abnégation et la persévérance de la fesseuse dans son noble sacerdoce pourront peut-être la sauver. La fessée est un traitement de long cours.

Article 5

Toute fessée est à la fois un rappel de la précédente et un prélude à la suivante.

 

DE L’APPLICATION DE LA FESSEE

 

Article 6

La fessée est donnée avec vigueur et entrain. Avant d’officier, la fesseuse aura à cœur d’échauffer ses muscles et ses articulations. La chipie usera de ce temps d’attente pour se repentir de ses fautes connues et se souvenir de ses mauvaises actions cachées.

Article 7

La chipie prendra sans protester la position que lui indiquera la fesseuse.

Article 8

La chipie conservera la position aussi longtemps que la fesseuse le jugera nécessaire.

Article 9

Durant le déroulement de la fessée, la chipie devra présenter son postérieur à la fesseuse dans différentes positions et tenues vestimentaires.

Article 10

La chipie est généralement habillée au début de la fessée. Mais elle aura toujours, au minimum, les fesses dénudées.

Article 11

Le postérieur de la chipie présentera une couleur uniformément rouge à la fin de la fessée.

Article 12

Au cours de la fessée, la chipie subira un déshabillage progressif.

  • Si la chipie porte une jupe ou une robe, celle-ci sera retroussée. Dans un deuxième temps, sa culotte sera abaissée jusqu’aux genoux.
  • Si la chipie porte un pantalon, espérant ainsi offrir à son postérieur une meilleure protection, celui-ci sera descendu jusqu’aux genoux. Il entravera le mouvement des jambes, ce qui rendra illusoire tout espoir de fuite. La culotte suivra le même chemin.

Article 13

Afin de renforcer le caractère dissuasif de la punition, la fesseuse sera fréquemment amenée à mettre ou à faire mettre la chipie totalement nue. Elle sera ainsi à même d’apprécier l’effet du rouge fessier illuminant le corps de la chipie.

Article 14

Afin de permettre à la fesseuse de récupérer ses forces chaque fois que nécessaire, la chipie sera mise au coin. Debout, ou à genoux, elle devra exhiber son derrière nu à la fesseuse, qui pourra ainsi constater l’avancement du châtiment. La fesseuse ne manquera pas de passer de temps en temps la main sur les fesses rougies pour en mesurer la chaleur.

 

DE LA MANIERE DE TRAITER UNE CHIPIE RETIVE

 

Article 15

Les chipies sont rarement dociles et coopératives durant la fessée. Il convient donc de réagir avec fermeté à toute tentative de la chipie de se soustraire à sa peine ou d’en détourner le sens.

Article 16

Si la chipie se met à rire, la fesseuse augmentera immédiatement l’intensité de la punition, jusqu’à ce qu’elle revienne à une attitude plus appropriée. La fessée est une chose sérieuse. La chipie peut gémir, pleurer, crier même, mais il lui est absolument interdit de rire.

Article 17

Certaines chipies peuvent adopter une attitude impertinente, même durant la fessée, en laissant entendre par exemple que les claques n’ont pas d’effet sur elles. La fesseuse réagira immédiatement, et ne ménagera pas ses efforts pour faire revenir les choses dans l’ordre.

Article 18

La chipie refuse parfois de rester en position et cherche à se soustraire à la fessée. Il convient à la fesseuse de la maintenir fermement et d’appliquer sans merci la punition.

Article 19

La chipie, sous le prétexte fallacieux de la pudeur, tentera généralement de s’opposer à son déshabillage. Elle essayera notamment d’empêcher la fesseuse de lui abaisser sa culotte. Toutefois, la fesseuse ne cédera en aucun cas. Quelques claques bien appliquées auront raison de la récalcitrante.

Article 20

Toute rébellion sera quoi qu’il en soit sanctionnée par un allongement du châtiment, à la discrétion de la fesseuse. 

Par Claire Grenadine - Publié dans : Fessée
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Mercredi 15 juillet 3 15 /07 /Juil 21:55


 



Je ne me rappelle que l'émotion des choses. C'est peut-être stupide, mais il faut que je l'écrive pour y croire. Comme si un texte noir sur blanc allait m'apporter la preuve irréfutable que je n'ai pas rêvé. Oui, c'était bien début juillet. Non, je ne raconte pas d'histoire. Oui, j'ai fait une grosse bêtise. Non, je ne m'en croyais pas capable. Oui, je suis très heureuse de l'avoir faite. Non, je ne regrette rien. 

De quoi s'agit-il ? Rien d'extraordinaire en apparence. Un événement de tous les jours. Après m'avoir habillée et maquillée en femme, Maîtresse Cindy m'a emmenée faire des courses dans une boutique de vêtements en plein Paris, du côté du Centre Beaubourg. Voilà, c'est dit. Cela peut paraître insignifiant. A la limite presque banal. C'est tout ? Et alors ? Alors, c'est beaucoup plus facile à résumer qu'à vivre en réel. Et puis, je voudrais bien vous y voir à ma place. Pour ma part, je peux en parler maintenant, à tête reposée, mais sur le coup, j'ai vécu une épreuve comme je n'en avais jamais connue jusque là.  

Ce qu'il y a de bien avec Maîtresse Cindy, c'est qu'elle finit toujours par vous surprendre à un moment ou à un autre. Cette fois-ci, le choc a été plus rude que d'habitude. C ar nous étions parties sur un projet totalement différent. Sur une idée originale et estivale. Sortie tout droit de l'imagination de ma maîtresse. Celle d'un pique-nique à vélo quelque part. Là où les jeunes filles peuvent se perdre... pour s'exhiber, avait-elle pris le soin de préciser, sans doute pour renforcer l'effet de mystère. Et naturellement, comme d'habitude, mon imagination s'était mise en marche au quart de tour. Je me voyais déjà dans les bois, attachée, à demi dévêtue, aux branches d'un arbre, telle Catherine Deneuve dans la première scène de « Belle de jour », ou bien culbutée sur le tronc d'un arbre pour y être fessée énergiquement devant des promeneurs enthousiastes.  

Et puis, la météo n'étant pas précisément au rendez-vous ce jour-là, l'idée du pique-nique est tombée à l'eau. C'est alors que ma maîtresse a sorti de ses cartons son plan B sans m'en dire trop par avance pour ne pas gâcher le plaisir. Je pouvais ranger mon Vélib, ma tenue de sport, mon sac à dos et mon petit goûter. J'avais tout faux. Nous avions finalement rendez-vous au donjon. Comme d'habitude. Sur le coup, j'ai été déçue. Je me faisais une joie de renouveler, cette année encore, une expérience originale dans un cadre bucolique. Le genre de bouffée d'oxygène à ne manquer sous aucun prétexte quand on est élève du Severity College. A la place, nous allions devoir sans doute réviser une fois de plus nos tables de conjugaison, nos verbes irréguliers ou notre histoire de France. La grisaille à la place du soleil. 

Toutefois, en arrivant au collège, j'ai rapidement pressenti que les événements allaient prendre une tournure différente. Difficile, à ce stade, de savoir laquelle. Mais que nous nous écarterions d'une façon ou d'une autre du cours habituel. Pas d'entrée en matière. Pas d'uniforme non plus. Ce qui m'a surtout mis la puce à l'oreille, c'est la question que m'a posée Maîtresse Cindy sur un ton très neutre, presque anodin, au détour de la conversation : vous n'habitez pas très loin du Châtelet, n'est-ce pas ? Sous-entendu, là où nous serons, vous pourrez revenir directement chez vous. Dans le contexte, j'ai tout de suite saisi que si le pique-nique était abandonné, la sortie, elle, ne l'était pas et qu'à défaut d'aller batifoler dans la nature, je n'échapperai pas à une balade à pied dans Paris. 

Et là, j'ai commencé à paniquer. Car contrairement aux fois précédentes, où dans des circonstances semblables, j'avais pu rester confortablement vêtue de mes ef fets civils, il ne faisait maintenant plus guère de doute que nous allions passer à la vitesse supérieure. Que nous tournerions la séquence en décor naturel. La phase des répétitions était achevée. Le temps était venu de me faire éprouver le grand frisson du direct. Le face à face avec le public. Je ne disais rien. J'avais du mal à y croire. Je devais espérer secrètement que se produirait un événement imprévu, un coup de théâtre, que ma Directrice finirait par changer d'avis. Mais j'ai préféré ne rien dire. En m'opposant, je n'étais pas dans mon rôle. Celui que j'ai accepté de tenir à l'origine et que je m'engage à jouer quand je suis avec elle. De surcroît, contester ouvertement son projet aurait sans doute provoqué le résultat contraire. Une détermination sans faille de sa part de le mener à son terme quoi qu'il arrive. Et puis, sur un plan que je qualifierais d'affectif, je lui aurais désobéi pour la première fois. Cela m'aurait gêné de la contrarier. C'était également un test au milieu de mon parcours de formation. Aussi difficile soit-il, il restait à ma portée. En relevant le défi, je lui confirmais que ses leçons avaient porté leurs fruits, que j'avais évolué, que j'avais certainement encore des progrès à faire, mais que j'étais mieux dans ma tête, que j'étais heureuse de le lui montrer et fière de lui appartenir.  

De son côté, en tous les cas, il était clair que nous irions jusqu'au bout. Elle avait d'ailleurs déjà préparé ma tenue ou disons, un choix de diverses tenues possibles à ma taille. Pour faire court, il allait de soi que je porterais mon petit ensemble de lingerie Charlotte acheté l'an dernier. Jusque là, rien à dire. Je me sens très bien dans mon string. Le genre de vêtement qui est là pour me rappeler en permanence que je suis une fille, si jamais l'idée saugrenue me venait de l'oublier. Et le soutien-gorge assorti. Un 90 B. Je l'adore. Il me rappelle tout plein de choses agréables. Pour le reste, ma maîtresse avait apparemment en tête de me faire porter quelque chose de léger, en coton de préférence, et blanc car la saison s'y prêtait. J'ai donc enfilé tour à tour un bermuda puis une culotte rétro sous une jupe portefeuille associée à une chemise Lacoste impeccable. Ce n'est pas que ces vêtements ne m'allaient pas mais j'ai compris que ma maîtresse n'était pas entièrement satisfaite de ce premier essayage.  

C'est finalement un look totalement différent qu'elle m'a donné. Moins adolescent. Plus femme. Dans les noirs. En même temps qu'un indice supplémentaire pour la su ite. Nous allions momentanément remiser au vestiaire l'uniforme habituel. La petite collégienne allait s'effacer devant un personnage nouveau. Habillé d'un body transparent. D'une paire de collants ornés de motifs argent sur le côté. D'une robe noire toute simple, à manches courtes, zippée dans le dos, avec des motifs en vinyle blancs, rouges et noirs devant, dans le bas. Mon personnage a pris forme progressivement. Notamment lorsque j'ai enfilé ma perruque bleue, avec ses deux petites couettes sur le côté. Durant toute cette phase de préparation, j'ai senti ma maîtresse absorbée, réfléchie, concentrée, comme si elle évaluait dans son esprit les conséquences de ses choix, qu'elle en pesait gravement les avantages et les inconvénients. A mon sens, cette attention extrême ne pouvait traduire que le souci de soigner mon apparence dans la perspective d'un départ imminent. 

Embarras du choix pour les chaussures. Bien réfléchir avant de me décider. Privilégier le confort (marcher convenablement), ajouter une touche d'élégance (sélectionner un modèle en harmonie avec le reste de mes vêtements), ne pas me sentir ridicule. Pourquoi ne pas tenter ces escarpins argent à talons. Des talons que je qualifierais de raisonnables. Un peu osés, peut-être, mais j'ai tout de suite senti qu'ils prolongeraient bien mon personnage, ne serait-ce que parce qu'ils se marieraient avec la couleur noire de mes vêtements et les motifs de mes collants. Enfin, Maîtresse Cindy m'a fait enfiler une veste en cuir trois quarts pour compléter l'ensemble. 

Le choix d'un chapeau s'est ensuite révélé plus problématique que prévu. Un béret ? Une casquette ? Sur le haut du crâne ? Sur le côté ? Gauche ? Droit ? Elle a hésité, sollicité mon avis et finalement opté pour un bandeau noir noué derrière la tête. L'effet n'était pas vilain. Ce couvre-chef improvisé aurait au moins le mérite de cacher une partie de mes cheveux. Une perruque bleue dans la rue, ce n'est pas courant ! Pour terminer, une touche de maquillage. Mon intuition s'est confirmée. Habituellement, elle ne se donne jamais autant de mal pour me préparer. D'abord un léger voile de poudre sur le visage. Ensuite, les lèvres, dont elle a d'abord dessiné les contours au crayon avant d'y appliquer du rouge, rappel subtile du motif de ma robe. Enfin, un soupçon d'eyeliner pour faire ressortir mes cils et illuminer mon regard. Quitte à être une femme, autant l'être jusqu'au bout.  

Voilà, c'était fini. Le reste ne dépendait plus d'elle. J'étais maintenant au pied du mur. Il m'appartenait de sauter ou non le pas. Comme si subitement une page venait de se tourner. D'ailleurs à partir de ce moment-là, l'attitude de ma maîtresse n'a plus été la même. Mentalement, celle-ci venait sans doute de finaliser la première étape de son projet. Elle s 'est assise dans un fauteuil et a allumé une cigarette. Repos après la tension. Un geste tout à fait inhabituel pour une directrice de collège censée donner l'exemple. Non, décidément, nous n'étions plus en classe. Nous devions être ailleurs. Et c'est là qu'elle m'a posé la question cruciale : alors Claire, vous êtes prête pour sortir ? 

Je la redoutais tout en pressentant qu'elle finirait bien par arriver. Que nous ne continuerions pas à tourner indéfiniment autour du pot. Angoisse totale. J'étais là, habillée et maquillée, debout devant elle et elle me dévisageait, assise, souriante et détendue, comme si cette interrogation était de pure forme, que mon consentement était acquis depuis le début, que tout le reste allait s'enchaîner le plus naturellement du monde, que nous vaquerions à nos occupations comme si de rien n'était, que d'ailleurs personne ne nous remarquerait, et que tout se passerait pour le mieux. Je me souviens avoir hésité. J'ai répondu ni oui ni non mais que j'avais peur. Et c'est ce sentiment très fort d'anxiété, de trac, qui n'a pas cessé de me tenailler pendant quasiment tout le reste de l'après-midi. Si je devais garder une seule impression de cette sortie, ce serait celle-là. Une peur indicible, rentrée, froide, accompagnée de son lot de symptômes physiques incontrôlables : des crispations au niveau de l'estomac, le pouls qui se met à battre plus vite, une sorte de moiteur qui vous parcourt la surface de la peau. Pas de quoi jouer la faraude, Claire ! On rit moins quand on s'apprête à jouer pour de vrai.  

Ma maîtresse a alors cherché à comprendre. Peur de quoi, Claire ? Peur de ne pas être à la hauteur ou peur d'affronter le regard des autres ? La question était pertinente. A vrai dire, je ne me l'étais pas posée dans ces termes, dans l'incapacité où je me trouvais d'analyser la situation à froid. J'ai répondu que j'appréhendais surtout de me sentir ridicule. Insuffisant sans doute. Mais pas totalement absurde non plus. Je suis tellement attachée à mon personnage que je le voudrais parfait. Irréprochable. Parce que bien loin de m'être étranger, il fait partie de moi-même. Je m'identifie à lui totalement. Et la pensée que je puisse un jour circuler dans la rue dans une tenue semblable ne m'avait jamais effleurée. Ce plan B me paraissait diabolique. Inimaginable. Bien au-dessus de mes possibilités. 

Et là, j'ai touché du doigt mon incohérence, le paradoxe d'une situation que j'appelais de mes vœux tout en l'excluant mentalement. La puissance d'un fantasme en apesanteur, qui peut rester finalement agréable et inoffensif tant qu'il demeure cantonné au domaine de l'imaginaire, mais qui risque d'exploser violemment au contact de la réalité. Maîtresse Cindy a eu beau jeu de me rappeler que je lui avais communiqué mon enthousiasme à l'idée d'un pique-nique et qu'elle ne comprenait pas qu'une autre sortie du même genre - peut-être moins champêtre - pouvait susciter une telle réaction de ma part. Quitte à plaider contre mon camp, je dois reconnaître qu'elle avait entièrement raison. Ne lui avais-je pas écrit quelques jours plus tôt que j'imaginais déjà notre expédition, quand, une fois sur mon Vélib, « une brise légère soulèverait ma jupe en corolle autour de ma taille. Les passants souriraient. Je ferais semblant de ne rien remarquer. Il ferait beau. Je serais heureuse. » 

Finalement, dominer quelqu'un, ce n'est pas simplement le soumettre ou l'asservir, c'est aussi, et peut-être surtout, l'accoucher de ses fantasmes, l'aider à les extérioriser, avec ce que cette naissance peut parfois comporter de pénible et de douloureux, mais aussi de libérateur. Afin qu'il finisse par s'accepter tel qu'il est. Qu'il quitte l'obscurité de la coulisse et consente à se projeter sur le devant de la scène.  

Elle a ajouté que personne ne nous remarquerait, que je me faisais des idées, qu'il y avait toutes sortes de gens bizarres dans le quartier, qu'il en faudrait beaucoup plus pour mettre les passants en émoi, qu'on me trouverait même peut-être jolie et qu'on se retournerait sur mon passage. Là, elle y allait peut-être un peu fort ! J'ai souri. Elle aussi. Ce qui m'a fait plaisir, c'est qu'elle m'ait proposé cette épreuve. Parce que cela voulait dire qu'elle m'en sentait capable. Que j'avais déjà franchi pas mal d'obstacles dans le passé. Un à un. Mais que celui-ci était à ma portée. Car une dominatrice est aussi celle qui sait aider son partenaire à se surprendre et à se dépasser.  

Sortir, d'accord mais pour aller où ? Inutile d'insister. Je ne le saurais qu'au tout dernier moment. Mais maintenant que mon consentement était donné, je me sentais plus libre d'en négocier les modalités. Si nous devions gagner le centre de Paris, je préférais que nous déplacions en taxi. Pas par caprice, mais parce que je nous imaginais très mal prendre le métro. La cohue de la ligne 13, l'attente sur le quai bondé, les couloirs, les correspondances, les regards insistants des voyageurs. La honte. Tout sauf ça. Bouger. Eviter à tout prix le piège d'un endroit où je me sentirais observée comme un oiseau en cage. 

Finalement et de façon paradoxale, on se trouve beaucoup moins en sécurité à l'extérieur d'un donjon qu'en dedans. L'image habituelle qui renvoie à celle de la forteresse inattaquable est incomplète et surtout trompeuse. Ce qui importe, c'est avant tout ce qui se passe à l'intérieur. A l'intérieur de chacun d'entre nous. N ous transportons notre donjon personnel dans notre cerveau. C'est très pratique ! Rien de plus rassurant que de se jouer son petit fantasme à l'abri du monde extérieur, en compagnie de quelqu'un en qui vous avez confiance et qui se montre indulgent à votre égard. Mais beaucoup plus dur quand les murs épais de la forteresse ne sont plus là pour vous protéger, qu'ils s'éloignent au fur et à mesure que vous avancez. Jusqu'à disparaître. Quand le rideau rouge est tiré, que le silence se fait, que les projecteurs s'allument. Et que vous vous retrouvez seule devant le public.  

La deuxième condition, c'était d'obtenir que nous nous rendions à la station de taxi à pied, d'accord, mais si possible en dehors des voies les plus fréquentées, notamment l'avenue de Clichy, d'ordinaire surpeuplée, où je me serais certainement taillée mon petit succès. Concession accordée. Maîtresse Cindy a fermé la porte et nous avons gravi l'escalier. Parées pour le grand voyage. Dans la rue, j'ai tout de suite eu l'obsession de me trouver le plus possible en osmose avec mon personnage. Puisque j'allais être perçue comme une femme, il fallait que je le devienne complètement. Mais sans ostentation. Nous n'étions pas sur un podium pour un défilé. Rester digne et, autant que faire se peut, élégante. Une femme ne marche pas comme un homme. Elle fait des pas plus petits. J'ai ralenti l'allure pour me con centrer sur cette difficulté en tentant également d'anticiper sur les difficultés du terrain. En sens inverse, je me suis bien gardée de dévisager les gens, de peur de susciter leur attention. Le premier couple que nous avons croisé nous a à peine regardées. Là encore, je me suis dit que les barrières qui m'isolaient du monde extérieur, je les avais surtout dans ma tête et que prêtais beaucoup trop d'importance à ma petite personne pour croire que j'étais devenue subitement le centre de l'univers. 

Tout de même, les choses se sont un peu compliquées au débouché sur le boulevard de Clichy. Une foule beaucoup plus dense. Des badauds, des consommateurs attablés aux terrasses des cafés. Et puis il fallait bien aussi s'arrêter aux feux tricolores. Une autre fois, quand je serai plus à l'aise, je pourrai me permettre de faire des clins d'œil aux conducteurs. Pour l'instant, profil bas. Les gens me dévisageaient dans les cars de touristes. Ah Paris ! J'ai fait semblant de ne rien remarquer. Incapable de passer totalement inaperçue mais rassurée d'observer la plupart du temps dans le regard des autres un signe de surprise voire d'amusement plutôt qu'une réaction d'hostilité. Montée subite d'adrénaline dans l'ascensio n du point culminant de cette séquence : la traversée de la place de Clichy en dehors des passages protégés pour atteindre le terre-plein central et la tête de station des taxis. 

Mercedes grise. Impossible d'entendre l'adresse que Maîtresse Cindy a donnée au chauffeur. Je suis montée en premier et j'ai dû glisser sur toute la longueur de la banquette avec mon barda pour m'installer à l'autre extrémité. Difficile de rester présentable quand on n'en a pas l'habitude. Avec un peu d'entraînement, je devrais réussir à montrer ma petite culotte. Un peu mais pas trop. Juste assez pour exciter les hommes. Le moteur a démarré. J'ai poussé un soupir de soulagement. Peu importe ce que pouvait penser le chauffeur dans son rétroviseur. Si jamais il pensait quelque chose. Saint-Lazare. Place de l'Opéra. Rue du Quatre Septembre. Rue Réaumur. C'est bien ce que je pensais, nous n'allions pas tarder à arriver dans le quartier des Halles. La voiture s'est finalement arrêtée à l'angle du boulevard Sébastopol et de la rue Rambuteau. Galamment, le chauffeur nous a ouvert la porte et nous sommes descendues.  

Un monde fou gravitant autour du Centre Beaubourg. Oubliée la pause taxi. On recommence. J'ai senti ma tension monter au maximum. Mon cœur se remettre à accélérer. Regards tantôt malicieux tantôt indifférents. Mon accompagnatrice a eu beau me dire que dans ce quartier, on ne s'étonnait plus de rien, je suis restée crispée, obnubilée par le besoin de me faire confirmer que nous n'en avions plus pour longtemps, que nous étions près du but, quelques minutes, pas plus, qu'elle n'avait pas prévu de faire durer mon supplice par des détours inutiles. Pour le plaisir.  

Et puis soudain, l'oasis dans le désert, la terre promise, la délivrance, une rue plus étroite, plus calme et une boutique de prêt-à-porter ou plus exactement de prêt-à-oser dans laquelle nous nous sommes engouffrées. Le déclic entre l'avant et l'après dans cette aventure exceptionnelle. Tout se qui pourrait se passer désormais à l'intérieur m'était d'avance indifférent car mentalement, à tort ou à raison, je considérais que je venais de réussir le plus difficile. En pénétrant dans le magasin, je venais de me reconstituer un nouveau donjon isolé de l'extérieur. J'ai donc beaucoup mieux vécu la suite. Rassurée, détendue, et du coup, beaucoup plus près de mon personnage. Avec la vendeuse, le contact est passé tout de suite. Bonjour, Madame, je m'appelle Claire Grenadine. Je suis en 3ème 2 au Severity College. Ma directrice m'accompagne pour choisir mes vêtements. Cela n'a pas eu l'air de la surprendre. Plutôt même de l'amuser. Enfin une visite qui sortait de l'ordinaire. Les deux femmes ont échangé un sourire complice.  

Escalier en colimaçon donnant sur une superbe salle voûtée au sous-sol. Quelques clients discrets. Des canapés profonds. Un gros ouvrage consacré aux dessins d'Eric Stanton sur une table basse. Un salon plus qu'un magasin. Et puis des portants à n'en plus finir. Des vêtements partout. Le long des murs. Dans les recoins. Des accessoires aussi. Et des chaussures. De toutes les formes. De toutes les tailles. Dans toutes les matières. Corsets, boléros, guêpières, porte-jarretelles, tuniques, combinaisons, culottes, shorties, petits hauts mou lants, tenues de soubrettes, d'infirmières, de pom-pom girls, de secrétaires, de premières communiantes, minijupes, latex, cuir, vinyle... Mieux qu'une boutique de jouets. Qu'un éventaire de marchand de glaces. Qu'une vitrine de confiserie. De quoi faire perdre la tête à une jeune fille qui s'initie au plaisir. Ou à son accompagnatrice. Cabines d'essayage. Maîtresse Cindy m'a invitée à me mettre à l'aise. Débarrassée de ma veste et de mon foulard, avec ma perruque bleue, mes deux couettes sur le côté et ma petite robe noire, je me suis sentie renaître. Heureuse de me montrer en femme. 

La vendeuse nous a d'abord laissé regarder tranquillement avant de s'enquérir plus précisément de nos attentes. Je lui ai expliqué que, collégienne dans un établissement très réputé, je recherchais une tenue assez stricte sans être enfantine, car j'avais passé l'âge. Maîtresse Cindy m'a semblé approuver cette demande.  

Mais contrairement à l'an passé où le choix d'un soutien-gorge et d'une petite culotte assortie chez Lily Lingerie avait été effectué sans essayage et sans l'aide d'une conseillère, j'ai tout de suite compris que, cette fois-ci, nous pourrions jouer en « live ». Sélection de plusieurs modèles. Cabine. Je me suis mise en tenue légère. Rideau à moitié tiré. A quoi bon me cacher. Nous étions entre femmes. Petit ensemble gris à fines rayures. Beaucoup de tenue. Dans le genre pervers distingué. Avec des jarretelles intégrées à la jupe. Très courte, la jupe. Et une touche glamour comme je les aime. Ou bien, plus osé, un minishort rouge sang en vinyle ultra court. Orné par-derrière d'une fenêtre en tulle noir ajouré qui faisait ressortir mes courbes potelées.  

Chaque essayage s'est trouvé entrecoupé de diverses punitions pour les motifs les plus futiles. Je n'avais pas à chercher à comprendre. Debout, penchée en avant, les mais posées sur les genoux. Fessée à main nue en bonne et due forme, devant la vendeuse, qui semblait assister à la scène avec beaucoup de naturel et d'amusement. Un simple échauffement avant d'aller plus loin. Je n'imaginais pas que Maîtresse Cindy pourrait aller jusque là. J'adore recevoir la fessée devant une autre femme. Elle avait en fait tout prémédité. Sa petite mallette noire regorgeait d'accessoires. Des mini pinces à linge en guise de pinces à seins. Un bracelet élastique conçu pour ligaturer les testicules. 

A nouveau à quatre pattes pour recevoir la fessée. Mais à quatre mains. Car maîtresse Cindy, poussant un peu plus loin son entente avec sa complice du moment, avait maintenant associé cette dernière à l'opération. Les coups sont devenus plus appuyés. Mes fesses allaient virer au rouge écarlate. J'étais prévenue. Jusqu'à atteindre la couleur du short en vinyle que je venais de retirer. A ma maîtresse la fesse droite. A la vendeuse la gauche. Inutile de regarder dans le miroir. Le simple fait de les sentir m'a suffi à les reconnaître. A gauche, les coups étaient beaucoup plus énergiques. Vendeuse peut-être mais pratiquante régulière de la fessée, j'en aurais mis ma main à couper. D'ailleurs, Maîtresse Cindy l'a rapidement laissée seule aux commandes. En confiance. Et elle s'est très bien débrouillée. Apportant sa touche personnelle en sillonnant de temps à autre de ses ongles effilés la peau tendre de mes cuisses. 

Les recherches vestimentaires se sont poursuivies. Tant pour ma maîtresse que pour moi. Corset pigeonnant dans les roses, façon Chantal Thomass pour elle, à moins qu'elle n'opte pour un ensemble futuriste en lycra argenté, composé d'un body lacé à grosses mailles dans le dos avec des pointes par-devant et d'un short court super moulant dans la même matière. J'ai fini par la rejoindre au rez-de-chaussée où elle avait repéré à mon intention une petite jupette rose très fluide et finement plissée à enfiler avec un chemisier blanc.

  Nouvelle séance d'essai. Fermeture éclair sur le côté assortie d'une bride passée dans un anneau pour ajuster le tout. Le 40 m'allait. Inutile d'essayer la taille du dessus. Matière agréable et légère. Longueur adaptée dégageant suffisamment le haut des cuisses. J'ai immédiatement pensé que ma maîtresse pourrait me la relever facilement à la première bêtise. Elle m'a demandé si elle me p laisait. Je lui ai répondu oui. Et pour l'étrenner, elle a décrété sur-le-champ une nouvelle séance de travaux pratiques. A quatre pattes, jupe relevée, au martinet cette fois. Les lanières se sont mises à cingler. J'ai fermé les yeux. L'orage une fois passé, elle a posé son instrument sur mes reins en m'ordonnant de rester dans cette position. Cela me contraindrait à rester tranquille pendant qu'elle terminerait sa prospection.  

A elle maintenant de se livrer à des essayages. Et à mon tour de l'imaginer se déshabiller tout à côté, derrière le rideau. De l'admirer dans ses diverses tenues, quand elle réapparaîtrait en corset pigeonnant ou en body argent. Superbe. D'entrevoir ses seins quand elle descendrait la fermeture à glissière de sa tunique en vinyle blanche. Magnifiques. De quoi me tordre le cou, frémir d'impatience, perdre mon sang-froid, sentir venir les crampes. Et réussir à faire tomber le martinet. Maîtresse Cindy a entendu sa chute. Elle devait guetter cet instant depuis quelques minutes. Elle est revenue aussitôt vers moi, triomphante. Bien décidée à reprendre une fois de plus l'avantage. Et puisque sa complice semblait toute disposée à l'aider une fois encore, elles ne seraient pas trop de deux pour m'administrer le martinet. Ma maîtresse m'a inséré le manche d'un petit strap noir entre les dents en guise de bâillon et s'est mise à me caresser le sexe pendant que la vendeuse faisait voltiger ses lanières...  

Voilà, j'en ai déjà beaucoup dit. Non, je n'ai rien inventé. Tout est vrai. La tenue. La sortie. Le taxi. La boutique. Les vêtements. La jupette rose. La vendeuse. La fessée. Le martinet.  

Et la pluie pour nous rappeler à la vie quand nous sommes ressorties dans la rue. 

Il était tard.  

Je venais de vivre un moment unique. Beaucoup plus qu'une leçon particulière. Une expérience inédite. Une épreuve en grandeur réelle. Un examen de passage. Sans filet de rattrapage. Une métamorphose. Avec la peur en toile de fond. Et le plaisir au bout du tunnel.  

En plein Paris par un après-midi maussade d'été.

  

Par Claire Grenadine - Publié dans : Féminisation
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Jeudi 15 octobre 4 15 /10 /Oct 19:30

Le texte ci-dessous constitue l’avant-propos de mon journal intime que j’ai intitulé « Les petits secrets de Claire Grenadine ». 

Ce n’est certainement pas le hasard qui m’a poussée à sonner à la porte du donjon de Maîtresse Cindy par un bel après-midi de mai 2002. Ma démarche était au contraire tout à fait réfléchie, volontaire, déterminée. Sans doute inconsciemment était-elle l’aboutissement d’un processus engagé déjà depuis plusieurs années. 

Car l’histoire montre qu’il m’a fallu du temps pour en arriver là. Pour franchir le cap. Pour me jeter à l’eau. Pour passer à l’acte. Avec le recul, non seulement je ne le regrette pas mais j’en suis même très heureuse. Cette vie parallèle, ce jardin secret, cette promenade hors des sentiers battus, se sont révélés pleins de découvertes, de surprises et d’émotions. 

Il faut bien reconnaître qu’une telle aventure pouvait me conduire aux confins de l’imprévisible, sur des terres inconnues. Car elle contenait forcément une part de risque. Rien n’est jamais innocent. Il fallait donc que je m’y prépare. Sans qu’il m’ait semblé nécessaire pour autant de justifier de qualités exceptionnelles. Tout juste pouvais-je présenter quelques dispositions particulières. La plus importante, à mon sens, était de me sentir motivée. D’avoir envie. D’être prête à vivre l’expérience avec intensité. 

Alors pourquoi ? Pourquoi en 2002 ? Pourquoi tout court ? Et pourquoi avec Maîtresse Cindy ? 

Pourquoi en 2002 ? J’imagine que jusque là, l’attirance était déjà latente mais que l’interdit exerçait une pression encore plus forte. Une question d’âge, de maturité, de caractère. Ajoutée à la prise de conscience progressive que ce monde souterrain n’était pas un lieu imaginaire, qu’il existait bel et bien quelque part et que le plus difficile n’était pas de partir à sa recherche mais d’oser vraiment y pénétrer, de nouer le premier contact. L’idée a lentement fait son chemin. Au fil des ans, le curseur s’est insensiblement décalé sur le bras de la balance. 

Pourquoi tout court ? A cette question apparemment simple, la réponse n’est ni unique ni facile. Je l’aborde brièvement ici car ce n’est pas précisément un sujet que je développe dans les pages qui suivent. Elle me renvoie à moi-même dans ce que j’ai sans doute de plus intime. A ma vie. A l’éducation que j’ai reçue. Difficile de démêler l’écheveau entre l’attrait pour ce qui est défendu, le besoin compulsif de faire sciemment de grosses bêtises, le goût de l’évasion, l’envie de passer à des plats plus épicés, de vivre des expériences qui sortent de l’ordinaire, de me libérer, de jeter mon bonnet par-dessus les moulins, de retrouver des sensations oubliées qui remontent à l’adolescence, voire à l’enfance, de me dépouiller de mes habits de tous les jours pour me sentir enfin vraiment moi-même, de pénétrer dans un monde sans tabou, attirant et secret, prêt à accueillir mes fantasmes sans chercher à les juger… Ce sont ces éléments qui m’ont conduite un jour à composer un numéro sur un cadran et à me confier à celle qui saurait les comprendre et les satisfaire.

Et ce jour-là, c’est Maîtresse Cindy qui m’a répondu. Il a suffi au tout début du timbre d’une voix au téléphone, précédé d’une photo montrant l’aménagement d’un donjon extraordinaire, dissimulé quelque part dans les profondeurs de Paris. Je me souviens en particulier du cadre d’une salle de classe reconstituée comme autrefois, avec son tableau noir, son estrade et ses rangées de pupitres…Il ne manquait plus que les personnages pour l’animer. Je n’étais pas encore Claire mais je le suis vite devenue. Car tout était réuni pour que je le devienne.

Lorsqu’est arrivé notre premier rendez-vous, le mardi 7 mai 2002 - sobrement noté « Dentiste » sur mon agenda professionnel -, l’impression initiale s’est confirmée. J’ai tout de suite aimé son physique, son naturel, sa façon d’évoluer, de jouer, de surprendre. Et puis j’ai rapidement appris à apprécier son intelligence, sa finesse de caractère, sa sensibilité, son intuition, son humour, son originalité, la diversité de ses centres d’intérêt (la musique, la littérature, la peinture, la photographie, la nature), son goût du jeu, son sens de l’improvisation… Nous sommes rapidement devenues complices.

Les pages qui suivent renouent fidèlement le fil d’Ariane de nos rencontres et de nos échanges. Une sorte de journal, de carnet de bord, de bloc-notes. Avec des dates, des descriptions, quelques commentaires. Un compte rendu purement chronologique et factuel. Tout l’opposé d’une somme de réflexions sur le sadomasochisme. L’objectif est nettement plus modeste. Il consiste à garder trace sur le vif des bons souvenirs. De les attraper au vol pour les enfermer immédiatement dans ma boîte à trésors. Celle dont j’aime régulièrement soulever le couvercle pour en respirer les effluves parfumés. 

Par Claire Grenadine - Publié dans : Soumission
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Vendredi 16 octobre 5 16 /10 /Oct 10:35

Élève de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD), Barbara Ryckewaert a séjourné plusieurs mois en stage dans le donjon de Maîtresse Cindy fin 2007, début 2008. C’est là qu’à diverses reprises, j’ai eu l’occasion de la rencontrer et de participer indirectement, en tant que partenaire de jeu, au projet qu’elle avait choisi de réaliser dans le cadre de son cursus universitaire. 

Je n’en ai découvert les résultats que plus tard mais j’ai tout de suite été séduite par l’approche très personnelle qu’elle avait adoptée. Face au SM, qui n'est pas un sujet facile à traiter, Barbara a su éviter de tomber dans le piège de la facilité. Ses photos apportent au contraire, à mon sens, un éclairage très original. D’abord parce qu’elles concourent à dédramatiser cette activité largement méconnue. Non, il ne se passe pas des choses épouvantables entre les murs épais des donjons. En tout cas, pas dans celui de Maîtresse Cindy. Ensuite, parce que sous l’apparence du jeu, elles suggèrent que quelque chose de beaucoup plus profond est en train de se nouer : une relation particulière entre deux acteurs qui se livrent l’un et l’autre totalement. Enfin, parce qu’elles réussissent à saisir au vol des instants de plénitude, d’émotion et de poésie que d’autres formes artistiques comme l’écriture ne rendraient sans doute pas aussi intensément.
Vous trouverez, ci-dessous, un aperçu du travail réalisé par Barbara sous la forme d’une sélection de photos et d’un clip sonore en lien avec son site. Ma contribution personnelle à cet ensemble se limite à réunir l’image et le son en assortissant l’une et l’autre des commentaires enthousiastes qu’ils m’ont inspirés.

 

L’IMAGE…

 

 
 


UN AUTRE REGARD

 

C’était très exactement le 19 décembre 2007. Maîtresse Cindy m’avait prévenue. 14h.30 précises. Madame l’inspectrice ne supporterait aucun retard. Il fallait absolument que je sois à l’heure. Elle semblait y attacher beaucoup d’importance. Comme si son avenir de directrice du Severity College en dépendait. Pour toute réponse, je l’avais fixée dans le blanc des yeux comme j’adore le faire. En la défiant sans rien dire. Pour une fois que je tenais ma revanche, je n’allais pas la laisser m’échapper. Je suis donc arrivée cinq minutes en retard. Pour le principe. Le visage épanoui. Un léger sourire au bord des lèvres. Il faisait beau. J’avais bien déjeuné. Madame l’inspectrice m’attendait au pied des marches avec tout son barda. A ses côtés, la directrice n’a pas pu se retenir de m’apostropher sur un ton furieux. Une faute impardonnable. Doublée d’une marque d’insolence caractérisée. Encore mes caprices de star. Quand finirais-je par comprendre que le règlement s’appliquait à tout le monde ? A commencer par moi.  

Avais-je, en effet, bien pris conscience de la situation ? Madame l’inspectrice s’était tout spécialement déplacée pour prendre des photos du collège, des élèves, des classes, des dortoirs, du terrain de hockey. Sans doute pour illustrer une plaquette vantant les mérites de l’établissement et les vertus de l’éducation anglaise. Ou pour d’autres motifs que j’ignorais. 

Je n’allais par tarder à le savoir. Maîtresse Cindy m’a empoignée fermement par le bras et conduite à travers le dédale des couloirs jusqu’à son bureau. Afin d’y poursuivre à huis clos un interrogatoire musclé. Et puisque Madame l’inspectrice en personne était là, elle allait profiter de l’aubaine. Elle verrait de ses propres yeux comment on remet une jeune fille effrontée dans le droit chemin. Celui de la rigueur et de la discipline… De quoi compléter son reportage par quelques séquences inédites. Prises sur le vif.  

Et après ? Vous voulez savoir la suite ? Eh bien, je ne vous la raconterai pas. Tant pis pour vous. Car l’essentiel de mon propos n’est pas là. Non, il est ailleurs. Je crois plus utile de vous faire part de mes sentiments lorsque j’ai découvert, quelques jours plus tard, les photos prises ce jour-là. Elles avaient été jointes à mon carnet de correspondance.  

Je me souviens très bien de ma première réaction. La vérité m’oblige à dire que j’ai été déçue en les regardant. Non, ce n’était pas du tout ce que j’attendais. Je n’aurais pas appuyé sur le déclencheur à ce moment-là, dans cette situation-là, sous cet angle-là. Madame l’inspectrice avait tout faux. Du coup, j’ai réalisé que sans m’en rendre compte, je m’étais faite à l’avance une idée relativement précise de ce que j’allais voir. Une vision assez égocentrique et, je dois bien l’avouer, plutôt dépourvue d’originalité. Sans doute trop inspirée de ce qui se fait communément en matière de photos dites de charme. Des plans larges qui ne laissent rien dans l’ombre. Un sujet crucifié par le faisceau des projecteurs. Ou bien au contraire très rapprochés. Presque chirurgicaux. A croire que j’ai des fantasmes masculins. Il va falloir que je me surveille. Dans mon inconscient, nous ne devions pas être très loin des images qui égaient les pages centrales de certaines revues spécialisées. Lionnes échevelées. Bêtes à plaisir. Pin up siliconées. Odalisques languissantes. Couchées sur papier glacé. Oh oui ! Oui !!!!!! Encore !!!!!!!! L’image toute faite et sans imagination de la photo érotique. 

Confusion totale. Erreur sur toute la ligne. Procès d’intention. La honte ! Inspectrice Barbara, je vous demande d’accepter mes excuses, j’ai fait fausse route, manifestement, vous ne jouez pas dans cette catégorie-là. Vous valez beaucoup mieux. Vous avez créé votre propre style. Suivi votre inspiration personnelle. Loin de céder à la facilité immédiate, à l’image stéréotypée, vous savez au contraire poser sur les êtres, sur les situations, sur les choses, un regard qui vous est propre. Un regard inédit. Un autre regard. 

Celui-ci est à ce point original qu’il en est parfois déroutant. Car à travers vous, j’ai découvert ce qui peut apparaître comme une évidence : une même réalité peut donner lieu à une large diversité de perceptions et de sensibilités. On ne voit pas les choses de la même façon selon que l’on est dominatrice, dominée ou spectatrice extérieure. Vous avez rapidement perçu que le SM était tout sauf un sujet anodin. Qu’il ne se laissait pas photographier comme la pyramide du Louvre ou le Mont-Saint-Michel. Et que s’il devait rester un jeu, il s’agissait d’un jeu un peu spécial pour adultes consentants. Juste au bord de la falaise. Avec ses codes. Avec son lot d’émotions, de fantasmes, d’obsessions, d’interdits. Votre mérite est d’avoir su capter cette tension et la restituer. 

Comment ? A mon avis, d’abord en choisissant le bon sujet, le corps. C’est effectivement le sujet central du SM. Le corps sous toutes ses formes - nu, habillé, transformé - et dans toutes les positions - debout, allongé, ligoté, bâillonné, suspendu, étiré, crucifié, à genoux, prosterné, à quatre pattes. Mais pas le corps n’importe comment, le corps pour le corps. Non, le corps pour ce qu’il exprime de pulsions, de douleur, d’excitation et de plaisir. Un corps qui se soumet. Un corps qui résiste. Un corps qui se tend. Un corps qui exulte. Un corps qui se donne. Saisi au travers d’un geste ou d’un détail. Parce qu’un détail apparemment insignifiant peut être, plus que le reste, porteur de sens. Des mains qui se frôlent, se rejoignent, s’affrontent. La pointe acérée d’une bottine. Comme si vous vouliez savoir ce qui se passe à ces moments précis. Raideurs ou abandons, certitudes ou doutes, défis ou renoncements. 

Ensuite, en sélectionnant le cadre. Le plus souvent rapproché. Parce qu’il faut se fixer sur l’essentiel. Ne pas se perdre dans le superflu. Canaliser le regard. Restituer ce que vous avez perçu ou ressenti. Parce qu’il s’est passé effectivement quelque chose. Vous en avez eu l’intuition. Vous souhaitez la faire partager. Quitte à ce que l’image soit insolite. Une photo ne se laisse pas nécessairement comprendre au premier coup d’œil. Sans effort. Au-delà de l’image, il y a bien plus. Il y a la présence de deux êtres. Le SM n’est pas un exercice solitaire. C’est un plaisir partagé par deux acteurs qui se mettent mutuellement en valeur. Un jeu de construction et d’équilibre aussi. Avec ses différents plans. La verticalité des jambes. L’horizontalité d’une estrade dans une salle de classe. Et sa part de mystère. Enfouie au fond d’une cave. Abritée derrière les murs épais d’un donjon. Anonymat des personnages. Un homme ? Une femme ? A qui appartient cette main ? A la dominatrice ou à sa partenaire ? Qu’est-ce que cela change ? Est-ce si important de le savoir ? 

Et puis, il y a la couleur. Ou plus exactement l’absence de couleur. La couleur disperse l’attention. Le noir est originel. Il faut partir du noir pour comprendre la couleur, la lumière et le monde. Un noir Soulages d’où surgirait une clarté lumineuse. Révélatrice de toute une palette de dégradés. De contrastes entre l’obscurité et la lumière. Depuis le noir intense jusqu’au noir gris en passant par le bleu noir. Un jeu subtil de nuances qui donne de la profondeur au sujet et en accentue la mise en scène.  

Le sujet, le cadre, la couleur. Se limiter à l’essentiel pour faire passer un message. Pour suggérer un sens. Sans chercher à tout prix à l’imposer. Parce que les passions s’exacerbent davantage dans le silence des esprits que dans le dérèglement des corps. Des photos construites. Intimistes. Respectueuses. Intelligentes. 

Voilà, Inspectrice Barbara, ce que je souhaitais vous dire. Avec mes mots à moi.  

Maintenant il est temps que je vous quitte. Vous connaissez Maîtresse Cindy. L’heure, c’est l’heure. Elle est intraitable. Si elle apprend que je suis encore en retard, je vais finir par me faire tirer les oreilles. Les oreilles ? Oh oui !!!!!!!!, vous savez quoi, Inspectrice Barbara, je crois que je vais être en retard !

  

ET LE SON…


Pour accéder aux clips sonores réalisés par Barbara, cliquez ici  

     

C’est avec beaucoup d’intérêt et d’amusement que j’ai pris connaissance du clip « Claire Grenadine ». En même temps qu’il me rappelle des souvenirs agréables, il suscite de ma part trois brefs commentaires.  

La première qualité de Barbara, c’est sa discrétion. On ne l’entend pas. On la devine à peine. Elle doit être là, en retrait, quelque part. Le jeu commence, on pense à autre chose et on oublie sa présence. C’est aussi ça, l’art du photographe ou du preneur de son. La meilleure photo, le meilleur son, c’est finalement celle ou celui auquel on ne s’attend pas. Lorsque le doigt appuie sur le déclencheur parce qu’il se passe quelque chose. Un geste qui vous vient, une image qui vous obsède, un mot qui vous échappe...  

Ma deuxième réflexion est liée à l’existence même du donjon. Celui-ci est souvent présenté ou perçu comme une sorte de forteresse inattaquable du dehors. Comme un bastion inaccessible. Mais on oublie que loin d’être un espace qui enferme, il est aussi et peut-être même surtout un lieu qui libère. A l’abri de ses murs infranchissables, on y éprouve paradoxalement un sentiment accru de sécurité et de liberté. Le donjon est alors un espace de jeu où tout devient possible.  

Enfin, dans le SM, il n’y a pas que l’image qui compte. Le son, lui aussi, est primordial. C’est l’originalité de la démarche de Barbara de montrer qu’il peut se passer des choses parfois amusantes et inattendues dans un donjon et que ce dernier est tout sauf un espace immobile où régnerait un silence de cathédrale. On peut y pleurer. Mais on peut y rire aussi. Le SM est un art vivant. Comme l’image, la parole est chargée de sens. C’est elle qui permet de libérer les fantasmes, de susciter le dialogue, d’encourager le jeu…  

Ce soir-là, je défilais sur un podium avec mes bottes de drag queen. Elles étaient rouges. Du même rouge ardent que la combinaison de ma maîtresse… Maîtresse Cindy…

 

 

Par Claire Grenadine - Publié dans : Soumission
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Samedi 17 octobre 6 17 /10 /Oct 16:53

 

Il fait nuit

Je n’y vois plus rien

Nous sommes dans le loir


 

Vous m’entendez, Claire ?



Oui, Madame


 

Eh bien répétez ce que je viens de dire


 

C’est très simple, un enfant de cinq ans comprendrait

Je descends à la station Pont-de-Braye

Je prends la D305

Au niveau du Castorama, je tourne à gauche, rue Forest

Et je continue tout droit, rue Albinoni

 

Non Claire, rue Cavalotti, vous n’écoutez rien, comme d’habitude

Et après ?



Après, je traverse le centre du bourg

La boulangerie, place de l’Église

Je continue

Vous flottez sur une Isle verte

En négligé de soie

En négligé de soie 

 

Ne dites pas de bêtise, Claire !

 

C’est pourtant la vérité

J’ai demandé à la lune mais le soleil ne le sait pas

Et puis je ne peux pas me tromper

Je reconnais la pointe acérée de vos escarpins noirs

Elle brille à la surface de l’eau

 

Ça paillette à mort

Dans mon décor

 
 

Ah vous voilà enfin, c’est pas trop tôt



Excusez-moi mais Geneviève m’a retenue dans son atelier



L’atelier du liseron ?



Oui, elle a dû penser que j’avais une tête à faire de la peinture sur soie

 

Comme je m’impatientais je me suis remise à mes travaux de couture

En atterrissant dans les barbelés, j’ai fait un accroc à ma super combinaison galactique

En vinyle doré

Celle avec des clignotants rouges et verts ?

Oui

 

Et alors ?


 

Alors asseyez-vous, nous avons perdu assez de temps comme ça

D’abord vous allez me dire de qui Agnès Sorel était la maîtresse



François Premier



Faux

 

Jules Verne est-il né à Nantes ou à Amiens ?



Amiens
 

Mauvaise réponse, décidément vous ne savez pas grand-chose, Claire

Vous êtes le maillon faible

Au revoir

 

Attendez, Madame

Avant de partir, j’ai quelque chose à vous dire



Eh bien, je vous écoute, dépêchez-vous

 


Voilà c’est un peu délicat

J’étais juste venue vous souhaiter un bon anniversaire

 

Avec des bougies ?



Oui et des ballons aussi

 

C’est une excellente idée, j’adore les fêtes

Et puis ça tombe bien, c’est justement aujourd’hui mon anniversaire

 

Oh Madame !

Qu’est-ce qu’il y a encore, Claire ?

 

J’ai oublié la bombe de crème Chantilly sur la banquette du métro !





 

Par Claire Grenadine
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Dimanche 18 octobre 7 18 /10 /Oct 15:56

1

     

2

     

3

Le Coeur Grenadine
     
Sans Contrefaçon
     
Sara Perche Ti Amo

  Laurent Voulzy

     

  Mylène Farmer

     

  Ricchi & Poveri

 
 
       
       

 4

     

 5

     

 6

 J'ai Besoin d'Amour

     

 Vertige de l'Amour

     

 O Superman

 Lorie

     

 Alain Bashung

     

 Laurie Anderson

                 
       
       

 7

     

 8

     

 9

Only You

     

Non C'e

     

If It Be Your Will

The Platters

     

Laura Pausini

     

Leonard Cohen

                 
       
       

 10

     

 

     

 

Nous Ne Nous Parlerons Pas

     

 

     

 

 Jean-Jacques Goldman

               
                 
 
               

 

 

 

                                                                         

Par Claire Grenadine
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Lundi 19 octobre 1 19 /10 /Oct 20:30

Ma chère Cindy,

 

Tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse. Ça y est, cette fois c’est la bonne, je pars demain en vacances. Je suis super contente. Mes parents m’envoient comme chaque année dans le golfe du Morbihan chez ma tante Geneviève. Je prends le train à la gare Montparnasse à huit heures. Il faut que je pense à régler mon réveil. Et que je n’oublie pas Bigoudi. C’est mon chat. Je suis très énervée. Mon oncle Maurice viendra me chercher à Vannes dans sa grosse limousine. Ça fera bientôt trente ans qu’il a la même. Les banquettes sentent l’essence. Je n’y peux rien mais chaque fois que je monte dedans, j’ai mal au cœur.

 

Maman m’a préparé mes affaires. Des petits shorts courts pour aller sur la plage et jouer dans les flaques d’eau. Un blanc avec une rayure bleu pâle et une brassière assortie. Un autre gris avec un galon rose. Je ne peux pas faire autrement que d’emporter tout un lot de petites culottes blanches. Mais je me suis tout de même débrouillée, dès qu’elle a eu le dos tourné, pour y ajouter des choses qui me plaisent davantage. Plusieurs strings fluo. Dont un rose que j’adore. Quelques chemisiers très légers, un peu transparents, parce qu’il fera sûrement chaud et qu’il est toujours mauvais de trop se couvrir. Et puis j’ai raccourci en douce l’ourlet de ma jupe de tennis. Cela me gênera moins quand je me pencherai pour ramasser les balles ! Bien entendu, j’e n’ai pas pu empêcher Maman de glisser une paire de sandalettes en plastique translucide. « C’est inutile de protester, tu seras la première à les regretter quand tu marcheras sur les rochers ». J’ai laissé la paire précédente, l’an dernier, au fond de la vase quelque part du côté de la plage des Sablons.

 

J’ai eu beau protester, je n’ai pas pu couper cette fois encore à ma tenue du dimanche. Celle que je dois porter pour aller à la messe. Chemisier blanc manches ballon. « Tu n’oublieras pas de mettre ta médaille de baptême par-dessus ». Jupe plissée bleu marine. Socquettes blanches. Escarpins vernis. Depuis l’été dernier, je suis tout de même dispensée de la mantille blanche dont j’étais jusque-là obligée de me voiler les cheveux. « Tu commences à être un peu grande ». C’est dommage, j’aimais bien ma mantille. A genoux, les mains jointes sur le dosseret de velours rouge de mon prie-Dieu, cela me donnait un petit côté angélique et recueilli. J’en profitais pour balancer des œillades assassines aux enfants de chœur. Moi, ce qui m’intéresse, c’est plutôt ce qui se passe après la messe. Les cavalcades sur le parvis de l’église pendant que les gens sérieux se saluent et échangent des propos ennuyeux sur un ton suffisant. Et puis surtout l’arrêt rituel devant la vitrine de la pâtisserie. Un gros mille feuilles comme récompense de ma bonne tenue. C’est difficile à manger proprement les millefeuilles mais c’est tellement bon.

 

Pour la plage, j’ai choisi un petit bikini rose adorable. Le bas se lace sur les hanches avec des rubans. Le haut est échancré. Ce n’est pas que j’aie encore beaucoup de poitri ne mais j’ai bien l’intention de la montrer. Et puis s’il y a beaucoup de soleil, je ne mettrai rien du tout. Ça sera encore mieux. Les seins à l’air, c’est plus agréable. Je sais déjà très bien comment je vais m’y prendre. L’air un peu gênée, comme contrainte malgré moi, à cause de la chaleur, de défaire mon soutien-gorge pour m’enduire de crème solaire. Je l’étalerai très doucement sur ma peau, l’air concentrée, et je me masserai longuement avec application, insensible à tout ce qui m’entoure, comme si ce geste quasi médical devait être effectué avec le soin le plus scrupuleux, et durer aussi longtemps que ma peau ne sera pas complètement imprégnée. Ça ne devrait pas manquer d’exciter mes cousins.

 

Ah oui, c’est vrai, je ne t’ai pas encore parlé d’eux, Arnaud, Camille et Martin. Nous avons le même âge et nous nous entendons très bien. Une complicité forgée au fil des ans depuis notre plus tendre enfance. Ils ont maintenant grandi. Moi aussi. Je ne vais tout de même pas leur interdire de me faire la cour. Et comme c’est plutôt agréable, je me fais désirer. Sous le sceau du secret et en leur laissant espérer des choses incroyables, j’ai confié à chacun d’eux que j’en étais amoureuse. Ils y croient dur comme fer. C’est plus rigolo quand il y a un peu de concurrence !

 

L’an passé, je me trouvais là-bas au moment de la moisson. Nous avons fait des parties de chat près des meules de paille. A ce jeu, c’est le plus souvent Arnaud qui a été le plus rapide à me prendre. A m’attraper, devrais-je dire, ce serait plus correct. Il suffisait d’observer le renflement qui marquait par-devant la toile de son short pour comprendre dans quel état il était. J’adore le déshabiller lentement, prendre mon temps, effeuiller ses vêtements un par un, maîtriser le cours des évènements, le tenir à ma merci aussi longtemps qu’il le faut, jusqu’à ce que toute résistance l’abandonne et que je n’aie plus qu’à me jeter goulûment sur l’engin incandescent qu’il tend désespérément dans ma direction. La première fois, il a été un peu surpris. Mais il y a vite pris goût. Moi aussi. Nous allons sûrement recommencer. J’adore sucer les sucres d’orge. Cette année, le sien devrait avoir grossi. Le soir, avant de m’endormir, j’imagine les mille et une douceurs que j’emploierai pour le déguster. Le simple fait d’y penser me procure des sensations agréables.

 

Avec Camille, c’est différent. Camille est un grand timide. Il faut d’abord trouver une occasion. Par exemple lui tendre une embuscade un peu à l’écart, dans les dunes. Puis le mettre en condition. Je n’ai jamais mis très longtemps à le dégeler. Quand il est en confiance, il se montre tout à fait à la hauteur. Et remarquablement vigoureux. J’adore le chevaucher. Il y a quelques années encore, le manège et les chevaux de bois suffisaient à mon plaisir. C’était une bonne entrée en matière mais j’ai pas mal changé depuis.

 

Naturellement, tante Geneviève ne se doute de rien. Il faut dire que nous prenons nos précautions. Je n’ose d’ailleurs pas imaginer ce qu’il arriverait si elle nous surprenait. Elle est déjà suffisamment sévère comme ça, quasiment intraitable pour la moindre peccadille. J’ai même l’impression qu’elle prend du plaisir à nous punir. Qu’elle attend cette période d’été avec une impatience à peine contenue. Qu’il lui manque de nous corriger le plus souvent possible. C’est surtout la fessée qu’elle affectionne. A la main ou au martinet. Déculottée, bien entendu. Et en public de préférence, chaque fois que l’occasion se présente. Mon oncle Maurice est un spectateur assidu. Il ne rate aucune séance. Et surtout pas celles dont je tiens bien malgré moi le rôle principal.

 

Je lui en veux beaucoup d’avoir soufflé à l’oreille de son épouse l’idée de la fouettée aux orties dans le jardin, les mains attachées en l’air aux branches basses d’un arbre. Ma tante a l’air d’y prendre goût. Je préfère de loin la fessée classique, nettement moins désagréable. Avec les orties, la douleur est insupportable. D’abord parce qu’elle commence par vous saisir comme une piqûre qui vous couvre la peau d’une multitude de petits aiguillons invisibles. Ensuite parce qu’elle se prolonge par une sensation de brûlure qui s’accentue progressivement comme si on cherchait à souffler sur des braises pour ranimer un feu. Et encore, ce n’est pas tout, l’an dernier, elle a garni l’intérieur d’une culotte bouffante d’une grande brassée d’orties qu’elle a coupées exprès devant moi et me l’a fait porter pendant toute une journée. Elle s’est même offert le luxe de renouveler la garniture au moment du déjeuner pour que ça me fasse bien mal, surtout quand elle m’a obligée à m’asseoir à mon bureau pour copier deux cents fois la phrase interminable qu’elle venait de me dicter. Résultat garanti. J’avais les fesses en feu. Des démangeaisons atroces. Avec interdiction de me gratter. Et tout ça parce que j’avais négligé de déposer mon linge de la veille dans le panier de la salle de bains.

 

Maman a cru utile de glisser un cahier de devoirs de vacances dans mes bagages. C’est vrai que je suis nulle en calcul mais je n’ai toujours pas compris ce qu’il y avait d’intéressant dans des problèmes de trains qui se croisent ou de baignoires qui fuient. En fait, je me suis arrangée pour le ressortir discrètement de ma valise et pour le laisser à la maison, dissimulé au fond d’un tiroir. Comme ça, j’ai la conscience tranquille. Tante Geneviève ne tombera pas dessus et elle n’aura pas la mauvaise idée de me priver de plage pour me faire travailler.

 

A toi aussi, je souhaite d’excellentes vacances en Touraine ou ailleurs. Si tu vas en Bretagne, dis-le moi, ce serait bien qu’on se rencontre. Je te présenterai à mes cousins. De ton côté, profite bien de tout et spécialement des garçons. Je ne me fais aucun souci pour toi. Tu as toujours beaucoup de succès. Tu me raconteras à ton retour. J’ai déjà hâte de te retrouver. En attendant, mets cette lettre à l’abri. Je te fais confiance. Je ne voudrais pas qu’elle tombe dans de mauvaises mains.

 

Je t’embrasse.

Claire

Par Claire Grenadine
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Vendredi 23 octobre 5 23 /10 /Oct 19:30

Ma soirée a commencé par une grosse nouba organisée par Reebok au Georges, au sommet de Beaubourg. Vue grandiose sur Paris. Clientèle chic et cocktails chocs. Champagne à volonté. Le fabricant de sneakers surfe sur les cendres de la nu-rave en relançant sa Freestyle, fleuron du fitness fluo des années 80. Je me lance sur la piste, aux côtés de Yelle et d’Agyness Deyn, la blonde peroxydée, mannequin vedette du créateur Jeremy Scott. Le collectif d’artistes Andrea Crews assure l’ambiance. Les platines sont trustées par Gildas et Masaya, le duo hype du label Kitsuné. Je claque une bise à David Guetta. Stomy Bugsy me fait la gueule. Peu importe, en after, j’irai sans lui à la soirée Carwash qui célèbre ses quatre ans au Wagg.

Quatre vodkas-orange plus tard, je m’écroule dans un fauteuil club. Un petit coup de téloche. Tracks sur Arte à 00h.55 pour un spécial Sidaction, ça a tout de même de la gueule, non ? Elitiste ? Tu plaisantes ! Bon d’accord, un peu moins ringard que les enquêtes de l’inspecteur Derrick sur France 2. Une émission super branchée. Complètement dingue. C’est difficile à expliquer. Il faut l’avoir vue pour le croire.

 

Pour mettre de l’ambiance, tout débute par des pubs pour le préservatif. Et puis très rapidement, le rythme s’accélère. Philippe Manœuvre, adepte du Mashed Potatoes, se retrouve ligoté au pied de la tour Eiffel par les Stranglers, Eddie Bo plaque sur son piano quelques accords jazzy, façon Nouvelle-Orléans, tandis que les hackers d’Anonymous lancent une cyber attaque contre le site de l’Église de scientologie. Tom Cruise n’a plus qu’à bien se tenir.

Qu’est-ce qu’on rigole ! Attends, c’est pas fini. On a droit à une interview de Lesbians on Ecstasy. Incroyable ! Elles sont là assises sur les marches. C’est sûr que Lesbians, ça craint déjà un peu, mais si en plus on rajoute la drogue, mortel. Je suis raide dingue de leur musique électro clash. Et puis, sur les quatre, il y en a une qui déchire à la guitare basse. Maîtresse Cindy. Coiffure blonde ultra courte. Piercing sur l’aile du nez.

   

En combinaison de vinyle galactique - plus discret, tu meurs -, elle accompagne une Esthell cagoulée Monsterlune dans les soirées gothiques fétichistes. SM fantaisie. Ben oui, le SM c’est pas que des machins glauques pour les vieux en mal de sensations fortes. C’est ludique. Rigolo. La preuve. L’ex courtière en œuvres d’art contemporain a relooké un garage destroy en donjon futuriste. Lumière bleu fluo. Machines sado-érotiques. Instruments de torture. Gare à vos fesses. Les lanières vont siffler. Salle de classe. Pupitres. Estrade. Tableau noir. Zoom sur le cahier de Claire Grenadine. Une petite vicieuse obsédée qui passe son temps à découper des pubs pour les strings et les soutiens-gorges dans les revues de mode. On aura tout vu ! Si c’est pas de l’art, c’est sûrement du cochon. 

J’adore la séquence où Maîtresse Cindy, assise à califourchon sur une branche d'arbre, se balance dix kilos d’engrais sur la tête. Elle porte un chemisier blanc ajusté. C’est superbe. Surtout quand elle soulève le sac et qu’on devine ses seins. Arrêt sur image. Je me la repasserai en boucle. Dix kilos, faut pas pousser. A mon avis, dans les jours qui on suivi, ses cheveux, elle a dû les perdre. Déjà qu’elle n’en a pas beaucoup.

 

Humour ! C’est pas le même genre que Dita. Dita Von Teese. Pin-up sur papier glacé offerte à l’objectif de Christophe. La nouvelle Bettie Page. Mais si, tu connais, la compagne de ma copine Marilyn. Marilyn Manson. C’était la fille du Père Noël, j’étais le fils du Père Fouettard, elle s’appelait Marie Noël, je m’appelais Jean Balthasar. 

C’est la fin qui m’a fait le plus rigoler. La scène du Sentence Horror Show, quand Daniel descend dans sa cave torturer Cindy, ligotée sur un fauteuil de dentiste. Il commence par lui découper la langue, à moins que ça soit le cœur. La barbaque vole dans tous les sens. Le sang coule à gros bouillons. Il y en a partout sur les murs. Enfin du gore ! On en redemande. 

Je me tue à te le répéter, il va bien falloir que tu l’admettes un jour, le SM triste, c’est fini !


Pour accéder à la séquence de l'émission Tracks qui met en scène Maîtresse Cindy, merci de cliquer ici

Par Claire Grenadine - Publié dans : Maîtresse Cindy
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Lundi 26 octobre 1 26 /10 /Oct 19:30

Vous savez quoi ? Je manque à tous mes devoirs. Je m’aperçois que j’ai oublié de vous présenter mon compagnon. Il s’appelle Bigoudi. C’est mon chat. Pour vous, c’est peut-être futile mais pour moi, c’est très important. D’abord parce que ce n’est pas n’importe quel chat. Impossible d’imaginer plus mignon. Il est tout simplement a-do-ra-ble. Je le trouve super craquant dans son manteau de fourrure noir avec ses petites socquettes blanches. Je l’emmène partout avec moi, y compris en vacances, dans son panier en osier. Il a horreur de ça mais tant pis pour lui. Monsieur n’aime pas être trimbalé. Monsieur apprécie son confort. De préférence recroquevillé bien au chaud, au pied de la cheminée. J’adore l’entendre ronronner sur mes genoux ou bien sentir sa queue s’enrouler autour de mes jambes quand il lui prend de me manifester son affection.
 

Bigoudi est tout sauf un sportif. La chasse aux souris l’ennuie terriblement et depuis qu’il est né, il a toujours refusé de se prêter à ces jeux débiles à base de pelotes de laine ou de balles en caoutchouc. Ses passions relèvent davantage du domaine des idées. C’est un intellectuel et un artiste. Il lit énormément. Il réfléchit beaucoup. Et comme il a souvent d’excellentes idées, il me les fait partager. Nous ne sommes pas toujours d’accord mais c’est intéressant de l’écouter, il a des choses originales à dire.
 

Quant à ses goûts artistiques, ils sont surtout orientés vers la musique. Bigoudi est un mélomane averti qui a fixé ses choix une fois pour toutes. Difficile de le faire changer d’avis. Selon lui, avec Wagner, par exemple, on croirait entendre de la musique militaire. Peut-être un peu à l’emporte-pièce comme jugement mais je reconnais qu’il n’a pas complètement tort. En tout cas, nous sommes très loin de Bach, Haendel et Scarlatti, ses compositeurs favoris.
 

Et puis, j’aurais mauvais grâce à le cacher, Bigoudi est pour moi d’un grand soutien. Tout à la fois conseiller et confident, il sait trouver les mots justes pour me consoler ou pour m’encourager. J’en ai bien besoin. Surtout quand j’ai reçu une correction magistrale des mains de Maîtresse Cindy. L’autre jour, tandis que je revenais du Severity College, les fesses en feu (et non pas le feu aux fesses), il a tout de suite compris ce qui s’était passé. Je l’ai entendu murmurer :
 

Si on t'organise une vie bien dirigée

Où tu t'oublieras vite

Si on te fait danser sur une musique sans âme

Comme un amour qu'on quitte

Si tu réalises que la vie n'est pas là

Que le matin tu te lèves

Sans savoir où tu vas
 

Résiste

Prouve que tu existes

Cherche ton bonheur partout, va,

Refuse ce monde égoïste

Résiste 

Ah oui, j’aurais dû commencer par là, non seulement Bigoudi parle mais il connaît aussi par cœur les paroles des chansons de France Gall.

 

Par Claire Grenadine
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Si, si, je vous assure, elle est hyper sévère !

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